• Violents orages sur le Carmausin (31 août 2011)

    Tarn ****   dossier complet (photos, vidéos, dernier état des lieux, témoignages, explications, conseils) ****

     

    Mercredi 31 août, vers 18 h 45, un violent orage de grêle et de pluie s'est abattu sur le Carmausin (nord du Tarn), touchant en particulier les communes de Carmaux, Saint-Benoît-de-Carmaux, Rosières et Monestiés.

    Viloents orages sur le Carmausin (31 août 2011)
    (photo Dépêche du Midi / E.R.)

    L'orage, aussi bref que violent, s'est ensuite déplacé vers le nord du département. Il n'y a eu heureusement aucune victime mais des dégâts importants ont été constatés. A Rosières, le clocher de l'église est en partie détruit, frappé par la foudre. A Saint-Benoît-de-Carmaux, c'est le plafond d'une salle de spectacles qui s'est effondré, tandis qu'une crèche et la mairie étaient inondées. A Tanus, 40 mm d'eau sont tombés en une heure et, à Carmaux, de nombreuses caves ont été inondées. Partout, dans le Ségala carmausin, les sapeurs-pompiers sont intervenus à de nombreuses reprises pour des opérations de dégagement et d'épuisement de cave. A Monestiés, à 21 h, une centaine de pompiers étaient encore mobilisés autour des nombreuses voitures en stationnement emportées par les eaux.

    L'épisode n'a duré que quelques minutes mais de gros grêlons ont fait des dégâts sur les toitures, les serres et les jardins sur un secteur très localisé.

    Grêlons à Carmaux (31 août 2011)
    (photo coeuralbigeois)

    « Le vent a commencé à souffler très fort, confiait hier soir une habitante de Saint-Benoît-de-Carmaux, puis la grêle est arrivée. Ça cognait sur le double vitrage qui a résisté, heureusement, et notre chat est arrivé trempé et effrayé. Notre jardin est dévasté. »

    Vers 19 h 30, il pleuvait encore mais le plus gros de l'orage était passé. Un autre témoignage, à Carmaux, faisait état d'une véritable piscine au bas de la rue de la Verrerie. Hier soir, il était encore trop tôt pour évaluer les dégâts dans le secteur de Carmaux et de Saint-Benoît.

    « Il s'agit d'un épisode de pluie et de grêle dont l'intensité n'était pas prévisible par les services météorologiques. Les maires des villes touchées sont en train de recenser les dégâts », a précisé hier soir la préfète du Tarn, Marcelle Pierrot.

    A l'heure actuelle, aucun blessé n'est à déplorer mais on a frôlé le drame. Certaines communes sinistrées ont déjà demandé leur classement en catastrophe naturelle.

    Violents orages sur le Carmausin (31 août 2011)
    L'orage du 31 août vu depuis le nord de Castres
    (superbe photo de manutarn)

     


    Vidéo du 20h de TF1

     

    FlècheVoir les autres vidéos sur les sites france3.fr, france2.fr, tf1.fr et bfmtv.com.

     

    (Source : d'après les articles publiés le 1er septembre 2011 sur ladepeche.fr et sur le site france3.fr)

     

    Complément des 2 et 3 septembre 2011

    Carmaux : Des sinistrés par dizaines. Dans la cité minière, où il est tombé 65 mm en trois quarts d'heure (!), l'eau a tout envahi jusqu'au centre ville. Au moins une quinzaine de commerces et agences bancaires ont dû fermer hier pour nettoyer. « On s'est retrouvé en quelques secondes avec 20 cm d'eau. Nous sommes en train d'évaluer le préjudice, sachant qu'une partie du stock est détruite. Nous attendons maintenant le passage de l'expert», explique la gérante d'un magasin de sport rue de l'Hôtel de ville. Avant de s'interroger : « On ne sait pas encore si cet événement sera classé catastrophe naturelle ». Des dizaines de particuliers ont également subi des sinistres sur leur habitation (écoulements d'eau et de boue) ou leur véhicule, endommagés par les grêlons : le plus spectaculaire s'est produit avenue du Roucan où la terrasse d'une maison surplombant le Cérou a été carrément emportée dans la rivière. Le maire Alain Espié a d'ores et déjà demandé le classement de sa commune en catastrophe naturelle.

    Violents orages sur le Carmausin (31 août 2011)
    Terrasse et piscine détruites, avenue du Roucan
    (photo Dépêche du Midi)

    Saint-Benoît : De mémoire de Bénédictin, un tel déchaînement atmosphérique ne s'était pas produit depuis plusieurs décennies. Le bilan est impressionnant. Aux écoles de Fontgrande, c'est la désolation : verrière de la toiture cassée, sous-sol inondé, plafond, buanderie et couloir de la maternelle également endommagés. La halle des sports et la salle des fêtes n'ont pas été épargnées mais les plus gros dégâts ont été constatés à la mairie, au bureau de Poste, à la Maison des Associations et à la crèche des « Petits Loups ». Au centre de loisirs de la Roucarié, le sol des chalets et les murs de la cuisine ont subi des dégradations. À la Babinière, une habitante et ses enfants ont dû être évacués et relogés d'urgence, leur maison étant dévastée. La cité de Fontgrande a elle aussi été lourdement touchée : jardins et caves inondés, arbres et vérandas arrachés ainsi que des monceaux de feuilles place du Millénaire où l'eau a dévalé depuis les hauteurs du village. La commune, qui croule sous les déclarations de sinistre, a demandé son classement en catastrophe naturelle.

    Monestiés : C'est le secteur de Canitrot qui a le plus souffert : le ruisseau de Venteille, à sec tout l'été, s'est transformé en torrent de montagne mercredi soir. Il faut dire qu'un véritable déluge s'est abattu vers 19 heures sur ce secteur. « Un habitant du hameau a relevé 90 mm et un autre 110. Au barrage de la Roucarié, il est tombé 86 mm… et tout ça en une heure et demie », rapporte Didier Goulesque. L'adjoint au maire de Monestiés, en arrivant vers 20 h 15 au pont de la Babinière, aurait pu être témoin d'un drame. Quelques minutes plus tôt, une habitante de Canitrot, qui rentrait chez elle avec ses deux enfants, a bien failli être emportée par la vague. « En s'engageant sur le pont, elle avait l'eau au niveau du rétroviseur. Heureusement, elle a eu le réflexe d'enclencher la marche arrière pour revenir sur la route principale. » C'est sur cette RD 91 que trois véhicules avaient été emportés quelques minutes plus tôt. Heureusement, ils étaient vides d'occupants mais, pour le vérifier, les pompiers de Carmaux ont fait appel aux plongeurs. « Ces trois voitures se sont bloquées sous le pont et ont formé un embâcle, ce qui explique le phénomène de vague et les dégâts chez les riverains. »

    Dans le bourg de Monestiés, le groupe scolaire et la maison de retraite « Plaisance » ont subi des dégâts. Au « Domaine », les impacts des grêlons ont laissé des traces sur les carrosseries des véhicules du personnel de service tout comme chez le garagiste qui en comptabilisait une dizaine hier. À la pharmacie, la réserve a été inondée et l'eau s'est écoulée par le local d'accueil des clients sans faire trop de dégâts. Mais l'enseigne lumineuse n'a pas résisté à la bourrasque. À la boulangerie, le stock de farine a été envahi par 15 cm d'eau. Hier après-midi, l'office notarial était grand ouvert, non pas pour une journée portes ouvertes mais pour assécher le rez-de-chaussée. À l'extérieur, les minutiers étaient exposés au soleil sur un muret pour faire disparaître les traces d'humidité. Les sinistrés espèrent maintenant que les communes de Saint-Benoît et Monestiés seront reconnues en catastrophe naturelle.

    Violents orages sur le Carmausin (31 août 2011)
    (photo france3.fr)

    Rosières : Comme si on avait bombardé l'église... « J'ai entendu un gros boom. Je peux même vous dire à quelle heure la foudre est tombée puisque je l'ai noté. C'était 19 h 20. » Comme Pierre, les habitants de la rue de la mairie, à Rosières, ont sursauté mercredi soir, au plus fort de l'orage qui a touché le nord de la commune. « Certains riverains ont aperçu une boule de feu », rapporte le maire Alain Astié. C'est sur le clocher de l'église que la foudre est tombée. Les dégâts, impressionnants, ont fait la « Une » des journaux télévisés hier. Des tuiles en ardoise et des éléments de charpente ont été éparpillés à plusieurs dizaines de mètres alentours. « Il y a des morceaux de bois jusque dans le cimetière. On est vraiment heureux qu'il n'y ait pas de blessés », souligne le maire, imaginant le drame qui aurait pu survenir si quelqu'un avait été sur la trajectoire d'un des débris du clocher, pulvérisé par la foudre. « Notre souci dès mercredi soir a été de sécuriser les abords de l'église, pour éviter que quelqu'un ne prenne une ardoise sur la tête ». Si le clocher est éventré, si l'installation électrique (notamment celle qui actionnait les cloches) est hors service, le reste du bâtiment ne semble pas avoir trop souffert. « Dès ce soir (N.D.L.R. : hier soir), une entreprise de Mirandol va passer pour évaluer les dégâts. C'est celle qui avait réparé le clocher il y a une dizaine d'années », indique Alain Astié. De leurs côtés, les employés communaux s'activent au chevet de l'église Saint-Eugène. « Il faut tout remettre en ordre car il y a un mariage samedi. »

    Eglise de Rosières après l'orage (31 août 2011)
    (Photo Dépêche du Midi, J. M. Lamboley)

    48 heures après l'assourdissant coup de foudre qui a endommagé le clocher, les corps de métiers se succèdent au chevet de l'église de Rosières. Intervenu dès jeudi matin, l'expert d'assurance a donné le feu vert pour les premières interventions à réaliser en urgence. Patrick Foulché, couvreur zingueur à Mirandol, était à pied d'œuvre hier. « Il connaît bien l'édifice puisque c'est lui qui avait refait la toiture de l'église il y a 10 ans et le clocher il y a 25 ans », rappelle le maire. « Là, il nettoie et sécurise toute la partie église. Ce qu'il avait posé a bien résisté au choc de l'orage mais il a enlevé de grosses planches et des clous, dont on se demande comment ils ont atterri là. » Comme le maire de Rosières le redoutait, la foudre a causé de gros dégâts à l'installation électrique. « Le mécanisme des cloches sera à refaire. » Un électricien est intervenu en urgence jeudi pour remettre le courant. Ainsi, le mariage programmé ce samedi pourra être célébré sous la nef de l'église Saint-Eugène. Bien sûr, des travaux plus conséquents seront nécessaires pour le clocher. « On a deux options : soit monter un échafaudage classique, soit déposer le haut du clocher avec une grue. C'est sans doute cette seconde solution qu'on choisira », indique le maire. La semaine prochaine, une entreprise d'Albi installera une nacelle de 40 mètres pour la mise en sécurité du clocher. D'ici là, le barriérage sera maintenu aux abords de l'édifice.

    Un phénomène très rare

    À Météo France, on a bien sûr suivi ces intempéries avec attention. « Cette cellule orageuse s'est développée à partir de 18 heures au nord de Villeneuve-sur-Vère et à l'est de Monestiés. Elle s'est ensuite lentement déplacée vers Tanus et Mirandol en s'affaiblissant », indique le chef du centre Météo France d'Albi, qui donne des chiffres impressionnants : « Notre station de Tanus a relevé 40 mm de pluie en 1 heure et celle de Trévien 70 mm en 1 h 30. Des grêlons de 2 à 3 cm ont été observés à Carmaux, Rosières ou Saint-Benoît. Le vent n'a pas atteint les 100 km/h mais par contre l'activité électrique a été intense puisqu'on a compté plus de 300 impacts de foudre dans un rayon de 20 km autour de Carmaux. » Pour l'expert, l'orage de mercredi soir est à classer dans « les phénomènes qu'on ne voit que tous les 10 ans ».

    Un autre expert, le responsable du site meteo81.fr, avance ses explications sur son site : "Plusieurs éléments sont entrés en jeu. Le flux de sud-est chaud et humide a entretenu l'instabilité mais a aussi bloqué l'évacuation de la cellule orageuse vers l'est (orage stationnaire). En basse couche, le flux d'ouest, boosté par le relief du Ségala, a éjecté l'air chaud en altitude (et favorisé la) formation d'un cumulonimbus monstre. Le caractère stationnaire a provoqué des précipitations remarquables. Avec des intensités horaires localement et ponctuellement à plus de 400 mm, la lame d'eau est impressionnante. + de 150 mm (soit 2-3 mois de pluie) localement sur ce secteur en moins d'1 heure de temps."

    Et maintenant...

    C'est l'heure du nettoyage et des déclarations aux assurances. Les sinistrés sont invités à se rapprocher de leur mairie pour être informés des démarches à entreprendre. Ainsi, le service urbanisme de la ville de Carmaux recueille dès à présent les déclarations de sinistres pour la demande de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle.

    Par ailleurs, les représentants de la CCI (Chambre de Commerce et d'Industrie) du Tarn et de l'UCIAC (Union des Commerçants et Artisans du Carmausin) étaient présents à Carmaux vendredi après-midi pour apporter leur soutien aux commerçants, évaluer les dégâts et répondre aux questions, à l'instar d'Agnès Poulain, responsable du pôle commerce à la CCI : «Dans un premier temps, il faut pour les personnes concernées déclarer rapidement leur sinistre à la mairie de Carmaux ». Même discours dans le communiqué de l'UCIAC : « Suite aux violents orages de la soirée du 31 août 2011 qui s'est abattu sur la région du carmausin et du ségala, l'UCIAC  vous informe qu'une cellule de veille et d'accompagnement a été mise en place. Si vous êtes concernés par des dégâts liés à ces orages, si la continuité de votre activité professionnelle est remise en cause ou en partie, si vous souhaitez un accompagnement pour la constitution des dossiers de déclaration de sinistres auprès de votre compagnie d'assurance, vous êtes invités à contacter le secrétariat de l'UCIAC au 05.63.76.87.74 ou le président Thierry ICHARD au 06.83.88.70.98.»

    Complément du 8 septembre 2011

    L'évaluation des dégâts causés par l'orage du 31 août n'est pas terminée mais, pour l'heure, six communes du Ségala carmausin ont officiellement déposé en préfecture une demande de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle. Il s'agit de Carmaux, Saint-Benoît-de-Carmaux, Monestiés, Rosières, Labastide-Gabausse et Sainte-Gemme. Après avoir largement évoqué ci-dessus la situation dans les quatre premières communes citées, arrêtons-nous sur les deux dernières.

    À Labastide-Gabausse, la route départementale 7 qui relie Carmaux à Cordes a particulièrement souffert. « Un glissement de terrain s'est produit sous le bourg de Labastide-Haute. Une dizaine de mètres de route, avec des arbres, ont été emportés. Dans la vallée, une autre portion de la D 7 a été coupée par des coulées de boue », indique le maire Roland Mercier. La station d'épuration, toute neuve puisqu'elle a été inaugurée le 24 juin, a aussi subi des dommages. De la boue s'est déversée dans les fossés de clarification des eaux. Voilà pour le domaine public. La mairie de Labastide-Gabausse a aussi eu connaissance de dégâts chez les particuliers, avec des tuiles cassées par la grêle.

    « Mercredi soir, il a grêlé à 4 ou 5 reprises et chaque fois, les grêlons étaient un peu plus gros. À la fin, c'était des cubes de 5 cm sur 3, on n'a jamais vu ça », souligne le maire. Le plus gros sinistre concerne une entreprise vendant des selles de chevaux : le bâtiment a été inondé.

    La commune de Sainte-Gemme n'a pas été épargnée : les secteurs les plus touchés sont ceux de « La Moutette » et de « Soulières ». La station d'épuration et la voirie ont aussi subi des dégâts.

     

    (Source : d'après photo et article publiés les 2, 3 et 8 septembre 2011 sur ladepeche.fr)

     


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